vendredi 10 mai 2013

De la traçabilité




Cet article paru dans "Cinémonde" le 20 décembre 1939 présente un couteau des "Jeunesses hitlériennes" portant insigne sur le manche et devise sur la lame.


Contresens dans l'iconographie : voulant dramatiquement illustrer un texte sur la "Gestapo", il offre à voir un couteau des "Hitlerjugend". Mais bon, des apprentis nazillons à coup sûr, et en décembre 1939 en France, qui pouvait faire la différence ? Ils n'étaient pas encore au pied de nos immeubles.


J'ai pu avoir en mains un couteau semblable, à une différence près : il était gravé "ALN" (Armée de Libération Nationale), l'armée de libération de l'Algérie. Il provenait effectivement d'Algérie, et il n'aurait, selon son propriétaire, jamais possédé de "logo" dans le losange en creux. Il semblerait qu'un pays d'Europe de l'Est (DDR, Tchécoslovaquie, Yougoslavie ?) ait continué la fabrication allemande et en ait approvisionné certains fronts de libération anticolonialistes des années '60. A vérifier. 

La qualité d'acier est très médiocre, la lame ne coupe pas, ça n'est pas pointu comme une baïonnette ou un poignard, ça ne peut servir à rien. Une "arme" d'apparat, d'apparence et d'appartenance à un groupe.








Il s'agit du même modèle que celui ayant alimenté une polémique autour de Jean-Marie Le Pen. Voir les informations publiées par "Le Monde" à ce sujet.





Et la morale dans tout ça ? 
Les marchands d'armes, en traversant les époques, sont les seuls gagnants !





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